La surprise Pedersen aux mondiaux de cyclisme

Au départ des Mondiaux à Harrogate dans le Yorkshire, le Danois Mads Pedersen ne faisait pas partie des favoris ni même des outsiders, mais au terme des 261 km du parcours, c'est bien lui qui s'est imposé au sprint. Dans des conditions dantesques sur un parcours raccourci de 24 km, 11 coureurs prenaient d'abord les devants, parmi eux le récent vainqueur de la Vuelta le Slovène Primoz Roglic, le vainqueur du Giro l'Equatorien Richard Carapaz ou encore le Colombien Nairo Quintana. Ils comptaient plus de 3 minutes d'avance à 135 km de l'arrivée alors que derrière eux les équipes française et néerlandaise  emmenaient le peloton. L'écart diminuait et n'était plus que d'1'32 à l'entrée du circuit. A ce moment une chute avait lieu dans le peloton, le Belge Philippe Gilbert se retrouvait à terre, attendu par son coéquipier Remco Evenepoel. Après la reprise des échappés, les Danois puis les Belges et enfin les Français accéléraient. A 95 km de l'arrivée Gilbert abandonnait et quelques temps après Evenepoel. A 7 tours de l'arrivée il restait moins de 90 coureurs dans le peloton emmené par les Français notamment Rémi Cavagna et dans lequel ne figurait plus le champion du monde en titre l'Espagnol Alejandro Valverde. A moins de 70 km de l'arrivée l'Américain Lawson Craddock attaquait, bientôt rejoint par le Suisse Stefan Küng. Leur avance augmentait jusqu'à 44 secondes à 61 km de la ligne mais les Néerlandais accéléraient. A 4 tours de la fin l'écart était descendu à 20 secondes et les Français avaient repris la tête du peloton. Plusieurs attaques le secouaient avant que le Néerlandais Mike Teunissen et Pedersen ne sortent, le deuxième rentrait d'abord à l'avant alors que Craddock était distancé puis c'était au tour du Néerlandais de revenir à moins de 45 km de l'arrivée. Derrière le trio un homme intercalé, l'Italien Gianni Moscon, qui rentrait bientôt, le quatuor comptait ensuite 20 secondes d'avance à 37 km de l'arrivée. Une nouvelle série d'attaques secouait ensuite le peloton pendant qu'à l'avant Teunissen était distancé. A 33 km de la ligne le Néerlandais Mathieu Van der Poel, annoncé comme l'un des favoris, attaquait. Contré par l'Italien Matteo Trentin, les deux hommes s'en allaient et lâchaient définitivement leurs adversaires dont le Français Julian Alaphilippe. Ils rejoignaient rapidement le trio à l'avant. Malgré une tentative d'un trio de poursuivants pour rentrer et la prise en main du peloton par les Belges, les cinq échappés creusaient l'écart pour dépasser la minute à 20 km de l'arrivée. Cependant à 12,5 km de l'arrivée Van der Poel était victime d'une fringale et ne pouvait plus suivre. Avec deux Italiens à l'avant et 1'26 d'avance sur le peloton la voie semblait libre pour les Transalpins, mais dans la dernière côte à 6km de l'arrivée Moscon était lâché suite à l'accélération de Küng, le Suisse faisait aussi mal à Pedersen. Néanmoins le Danois s'accrochait. Le trio allait  se jouer la victoire alors qu'à l'arrière le Slovaque Peter Sagan sortait du peloton. A l'approche du dernier kilomètre le trio se regardait, et dans ce dernier kilomètre, Trentin lançait le sprint à 200 m de la ligne, mais l'Italien ne parvenait pas à faire la différence face à Pedersen. Ce dernier revenait sur lui et le distançait largement pour s'offrir un premier titre mondial, le premier pour son pays sur la course en ligne. Il devance ainsi l'un des favoris, Trentin, ainsi que Küng 3e, et crée la sensation en déjouant les pronostics dans un mondial marqué par la pluie.