La septième était la bonne

Après 6 médailles aux championnats du monde de cyclisme sur route, l'Espagnol Alejandro Valverde a enfin remporté l'or ce dimanche à Innsbruck en Autriche. Sur un parcours très exigeant de 265 km avec 4670 mètres de dénivelé positif, le champion espagnol a su manoeuvrer pour remporter dans un sprint à 4 son premier titre mondial, 15 ans après sa première médaille. Cette année dans un parcours fait pour les puncheurs et les grimpeurs, un groupe d'une dizaine de coureurs partait dès les premiers kilomètres et comptait jusqu'à 19 minutes d'avance. L'équipe de France, qui comptait dans ses rangs l'un des favoris, Julian Alaphilippe auteur d'une magnifique saison notamment avec une victoire sur la Flèche Wallonne et sur la Classica San Sebastian et deux sur le Tour de France, prenait ses responsabilités et roulait. Elle était relayée par l'équipe d'Autriche mais perdait rapidement Warren Barguil sur chute. L'écart tombait à 7'30 à moins de 100 km de l'arrivée, au pied de la 4e ascension de la côte d'Igls l'actuel triple champion du monde le Slovaque Peter Sagan était distancé avant d'abandonner. Le rythme s'accélérait dans la montée et l'échappée perdait des hommes. A  75 km de l'arrivée  les Italiens venaient à l'avant du peloton et accéléraient à plusieurs reprises notamment avec Gianluca Brambilla. Alors que l'écart continuait de baisser l'échappée se réduisait, ils n'étaient plus que quatre à 67 km de l'arrivée, le Sud-Africain Reinardt Janse Van Rensburg, le Norvégien Vegard Stake Laegen, le Canadien Rob Britton et le Danois Kasper Asgreen. A nouveau l'Italie attaquait avec Dario Cataldo, un petit groupe se détachait. Après plusieurs accélérations italiennes et espagnoles, le Belge Greg Van Avermaet attaquait à moins de 2 tours de l'arrivée suivi par l'Italian Damiano Caruso et l'Espagnol Omar Fraile, ce dernier avait du mal à collaborer mais le trio faisait le trou et comptait 4'30 de retard à 2 tours de l'arrivée. Au pied de l'avant-dernière ascension de la côte d'Igls, le quatuor de tête se transformait en duo, le Norvégien et le Danois restant seuls en tête, derrière eux le trio comptait 27 secondes d'avance sur le peloton, en tête duquel la Grande-Bretagne roulait. A 45 km de l'arrivée l'Allemand Simon Geschke accélérait et permettait au peloton de faire la jonction avec le trio. Alessandro De Marchi prenait ensuite la tête du peloton et accélérait distançant notamment le Britannique Simon Yates, récent vainqueur du Tour d'Espagne. Puis après une nouvelle accélération de Brambilla suivi par le Néerlandais Antwan Tolhoek et l'Espagnol David De La Cruz, le Polonais Michal Kwiatkowski était lâché. Devant, le duo comptait moins de trois minutes au sommet, derrière un autre trio tentait de revenir sur le premier avec le Français Rudy Molard, c'était ensuite l'ensemble du peloton qui se reformait. A un tour de l'arrivée les échappés comptaient 2'30 d'avance mais les Italiens menaient la poursuite et ramenaient le peloton à 1'30 à 26 km de l'arrivée. Le peloton se rapprochant à moins d'une minute le Néerlandais Steven Kruijswijk attaquait suivi par l'Italien Gianni Moscon, l'Espagnol Alejandro Valverde, le Français Thibaut Pinot, mais ils étaient repris et par la même le duo échappé. A 22 km de l'arrivée le Britannique Peter Kennaugh attaquait, il était contré par le Danois Michael Valgren. Ce dernier s'en allait seul au sommet de la côte d'Igls. En haut 6 hommes sortaient du peloton dont Moscon, le Portugais Rui Costa et Pinot, cette contre-attaque était néanmoins reprise à l'approche de l'ultime ascension inédite de la côte de Gramartboden. Valgren qui avait compté jusqu'à 30 secondes d'avance attaquait celle-ci en tête mais les Français prenaient les choses en main et Molard puis Pinot et enfin Romain Bardet accélérait au bas de la montée. Bardet accompagné d'Alaphilippe, Valverde et Moscon distançait les autres coureurs et reprenait Valgren. Alors que Bardet était en tête du quatuor, Alaphilippe coinçait, victime de crampes. Bardet continuait son effort avec l'Espagnol, l'Italien et le Canadien Michael Woods, mais dans les passages à 28 % Moscon lâchait prise. Ils n'étaient plus que trois en tête, Bardet tentait de partir au sommet à 8 km de l'arrivée sans succès, le trio faisait alors la descente mais voyait revenir à 2 km de l'arrivée le Néerlandais Tom Dumoulin. Ce dernier tentait bien d'attaquer au dernier kilomètre mais le titre mondial allait se jouer au sprint. Lancé de loin par Valverde à 400 m de la ligne, l'Espagnol résistait à la remontée de Bardet. Valverde s'impose devant Bardet et Woods, Pinot et Alaphilippe arrivaient dans le deuxième groupe et finissent respectivement 9e et 8e d'une course où les Français auront animé et fourni un gros travail d'équipe ;  récompensé par une médaille d'argent pour Bardet derrière Valverde. Ce dernier obtient donc enfin après 2 médailles d'argent en 2003 et 2005 et 4 médailles de bronze en 2006, 2012, 2013 et 2014, un titre mondial. Il portera l'an prochain le maillot arc-en-ciel. Côté français,  c'est la première médaille tricolore sur la course en ligne messieurs élites depuis 2005. La France repart avec deux médailles d'argent mais la saison n'est pas encore terminée et les Français auront encore l'occasion de briller avec notamment Paris-Tours et le Tour de Lombardie.